Historique du Judo

Historique du Jujitsu et du Judo :

 

                             


Au Japon :

 

Le Ju-jitsu « Technique de la souplesse »

C’est une méthode guerrière de combat à mains nues utilisée au moyen-âge par les samouraïs (guerriers japonais), afin de leur assurer la victoire en cas de perte de leurs armes. Celle-ci a débuté dès le 13ème siècle dans un écrit appelé GUKANSHO, elle n’a cessé de se perfectionner et d’évoluer techniquement par le développement des différentes écoles aux styles plus ou moins variés en s’adaptant aux diverses évolutions de la société japonaise jusqu’au 19ème siècle.

Maître Jigoro KANO, 1860 – 1938, fondateur du judo débuta et étudia le Jujitsu de 1877 à 1881 à l’école de TENSHIN SHINYÔ TYU. En 1882 il poursuivit sa pratique à l’école KITO RYU et commença à développer le NAGE WAZA. Ses différents Maîtres furent : Maître FUKUDA, Maître ISO et Maître TIBUKO.

 

Début du Judo « Voie de la souplesse »

Le Jujitsu tombant en désuétude Maître Jigoro KANO, suite à ses différentes études, décida de donner une orientation nouvelle en le débarrassant de sa forme guerrière.

Cette nouvelle discipline pouvant devenir une remarquable méthode d’éducation physique et mentale pour la jeunesse japonaise. Il en fit une synthèse et mit en place une méthode d’éducation qu’il appela : JUDO (voie de la souplesse).

En 1882 – 1883 il fonda le KODOKAN (école pour l’étude de la voie de la souplesse).

Au début le Judo du KODOKAN était prévu surtout pour la pratique sportive. Il se trouva enrichi par une codification des techniques par familles de mouvements afin qu’elles ne se perdent pas au fur et à mesure de leur transmission et qu’il appela « KATA », lien entre le jujitsu ancien et le judo moderne justifiant l’importance de cette étude afin de comprendre les bases du Judo. Il développa d’abord deux formes de Kata : Avec armes : KIME NO KATA « forme de décision » et sans armes : KOSHIKI NO KATA « forme antique » Il codifia ensuite deux autres Kata : En Nage Waza : NAGE NO KATA « formes de projection debout » et En Katame Waza : KATAMENO KATA « formes de contrôle au sol »

 

En France :

 

Début du Jujitsu

Il apparaît en France d’une façon très remarquée vers 1905. Suite à un combat défi lancé par M. Georges DUBOIS spécialiste des sports de défense contre M. RÉ-NIÉ spécialiste de la méthode japonaise de Jujitsu suite à un long séjour au Japon. La victoire de ce dernier démontre l’importance de cette méthode. L’ouverture de l’école de Jujitsu en septembre 1906 est à l’origine du développement de cette discipline : Janvier 1906 début de la formation dans l’armée ; Novembre 1906 début de la formation dans la police ; Juillet 1907 début à l’école de Joinville. Après une longue période de déclin, une orientation nouvelle fait son apparition vers 1921 à Paris.

 

Début du Judo, les pionniers du Judo

M. Moshé FELDENKRAIS arrive en France, en 1929 il ouvre une salle dans son école qu’il appelle le « Jujitsu Club de France » ; celle-ci est fréquentée par des scientifiques, des universitaires et des étudiants. Par ses connaissances dans le domaine de la physique et du corps humain, il formalise une méthode d’attaques et de défenses à laquelle il donne un fondement scientifique. Cette approche donnera naissance au début du Judo.

 

Arrivée en France de Maître Mikinosuke KAWAISHI en 1935.

Il débuta au Jujitsu Club de France à Paris comme Directeur technique. Son arrivée permit le développement du Judo en France. Il publia deux ouvrages en 1950, ma méthode de Judo ainsi que ma méthode de self-défense.

 

Sa collaboration avec M. FELDENKRAIS verra la mise en place d’une nouvelle méthode par la numérisation des techniques par rapport aux appellations descriptives du Kodokan. Cette forme d’enseignement correspond plus au début à l’esprit continental.

Suite à son séjour en Angleterre en 1936, il a pu apprécier l’efficacité de la progression par ceintures de couleurs, surtout de l’intérêt et de la motivation de ses élèves.

 

SES CRITÈRES D’ÉVOLUTION

 

La nomenclature par ceintures

Maître KAWAISHI, rentré en France, met en œuvre ce procédé avec les ceintures suivantes : blanche, jaune, orange, verte, bleue, marron. Celles-ci furent adoptées par les responsables du Judo en France. Il décerna la première ceinture noire à M. Maurice COTTEREAU en 1939.

 

Le développement du Judo

Il nécessita la venue de Maître Shozo AWAZU assistant de Maître KAWAISHI.

Suite à une visite au Japon de M. Paul BONNET MAURY et sur sa demande, un nouvel expert japonais fit son arrivée en France en 1953 : Maître Haku MICHIGAMI qui par la suite s’installera définitivement en France.

 

Evolution de l’enseignement technique et pédagogique.

Des français partent en stage à Tokyo, des experts japonais visitent la France et Paris, la curiosité des judokas parisiens est très éveillée. Cependant les instances officielles et Maître KAWAISHI sont réfractaires aux apports extérieurs.

Malgré les contributions de M. Jean BEAUJEAN, M. Roger DUCHESNE et surtout de Maître Minoru MOCHIZUKI, japonais de passage en France, le mode d’enseignement élaboré par Maître Jigoro KANO est très peu connu et à du mal à s’implanter dans l’hexagone.

L’arrivée de Maître Ichiro ABE en janvier 1950 à Toulouse chez Ms. Georges et Robert LASSERRE, qui ont fondé le SHUDOKAN, entraine la confrontation brutale entre les deux méthodes.

Cette période marque une étape décisive dans l’évolution du Judo. Les professeurs parisiens de l’époque deviennent rapidement des élèves passionnés de Maître Ichiro ABE et créent l’Association du Judo Kodokan. Plusieurs clubs de Paris et de province adhèrent à cette association et la méthode du Judo Kodokan prendra de plus en plus d’ampleur.